Plus-value professionnelle sur la vente de murs ou de bureaux : calcul, abattements et exonérations
- il y a 1 jour
- 8 min de lecture
Vendre des murs ou des bureaux peut générer une plus-value professionnelle. Le calcul dépend alors du prix de cession net, du prix de revient fiscal et, selon les cas, du partage entre court terme et long terme. (bofip.impots.gouv.fr)
La bonne nouvelle, c’est qu’il existe plusieurs leviers de neutralisation ou d’allègement fiscal, mais ils ne s’appliquent pas tous aux mêmes biens ni aux mêmes vendeurs. En pratique, les régimes utiles concernent surtout les entreprises relevant de l’impôt sur le revenu ou les sociétés de personnes transparentes, avec une vigilance particulière dès que l’immeuble est affecté à l’exploitation. (bofip.impots.gouv.fr)
Dans quels cas parle-t-on vraiment de plus-value professionnelle ?
On est dans le champ de la plus-value professionnelle lorsque le bien est inscrit à l’actif immobilisé d’une entreprise ou d’une société non soumise à l’impôt sur les sociétés, ou lorsqu’un associé exerce son activité professionnelle dans une société de personnes fiscalement transparente. À l’inverse, les sociétés soumises à l’IS relèvent d’autres règles, et les dispositifs étudiés ici ne s’y appliquent pas de la même manière. (bofip.impots.gouv.fr)
Pour des murs commerciaux ou des bureaux, il faut aussi vérifier l’affectation réelle du bien. Si l’immeuble est utilisé à la fois pour l’activité et pour un usage privé, seule la fraction professionnelle entre dans le régime des plus-values professionnelles. La BOFiP admet même une tolérance si la partie privée ne dépasse pas 10 % de la surface totale et n’est pas juridiquement distincte. (bofip.impots.gouv.fr)
Avant de chiffrer l’impôt, il est donc utile de consolider la valeur de marché du bien, par exemple avec une estimation de biens professionnels, surtout si la cession porte sur des bureaux ou un ensemble immobilier complexe.
Comment calculer la plus-value professionnelle sur la vente de murs ou de bureaux ?
La méthode de base est simple : plus-value = prix de cession net - prix de revient fiscal. Mais derrière cette formule, plusieurs retraitements peuvent modifier la base taxable, notamment les commissions de vente, les frais d’acquisition, les travaux incorporables à l’actif et les amortissements déjà déduits.
Déterminez d’abord le prix de cession net : il s’agit du prix de vente, diminué des frais spéciaux directement liés à la vente, comme une commission d’intermédiation.
Fixez ensuite le prix de revient fiscal : pour un bien acquis à titre onéreux, on part du prix d’achat, minoré des remises éventuelles et majoré des coûts directement engagés pour mettre le bien en état d’utilisation. (bofip.impots.gouv.fr)
Ajoutez, le cas échéant, les frais d’acquisition et certaines dépenses directement liées au bien si elles ont été incorporées à l’actif, ou si elles ne l’ont pas été fiscalement déduites.
Retirez enfin les amortissements déjà pratiqués sur les éléments amortissables, car ils peuvent transformer une partie du gain en plus-value à court terme. (bofip.impots.gouv.fr)
Ce que le prix d’acquisition peut intégrer
Élément | Traitement possible | Exemple de frais ou dépenses |
|---|---|---|
Frais d’acquisition | Ils peuvent être portés à l’actif ou déduits immédiatement, selon l’option retenue par l’entreprise. | Droits de mutation, honoraires de notaire, commissions, frais d’acte. |
Coûts de mise en état d’utilisation | Ils majorent le prix d’achat s’ils sont directement attribuables au bien et nécessaires à sa mise en service. | Taxes non récupérables, démolition préalable, transport, installation, montage, honoraires d’architecte ou de géomètre. |
Dépenses de valorisation durable | Elles peuvent entrer dans le prix de revient si elles augmentent la valeur du bien ou prolongent notablement sa durée d’utilisation. | Travaux structurants, aménagements lourds, opérations qui améliorent durablement l’actif. |
À retenir : le prix de revient fiscal n’est pas une simple photographie du prix d’achat initial. Il faut le reconstituer à partir de la comptabilité et des justificatifs, ce qui explique pourquoi deux vendeurs d’un bien comparable peuvent aboutir à des résultats fiscaux différents.
Abattements et exonérations : quels régimes peuvent s’appliquer ?
Sur les murs et bureaux affectés à l’exploitation, le régime le plus important est souvent l’abattement pour durée de détention de l’article 151 septies B. Il ne concerne que les plus-values à long terme sur les immeubles d’exploitation, avec un abattement de 10 % par année de détention au-delà de la cinquième. L’exonération totale est donc acquise après 15 années de détention révolues.
« abattement de 10 % pour chaque année de détention échue au-delà de la cinquième »
Tableau comparatif des principaux régimes
Régime | Champ d’application | Condition clé | Effet pour des murs ou des bureaux |
|---|---|---|---|
Article 151 septies B | Plus-values à long terme sur biens immobiliers affectés à l’exploitation, ou sur certains droits ou parts de sociétés dont l’actif est principalement constitué de ces biens. | Abattement de 10 % par année au-delà de la cinquième, avec exonération complète après 15 ans. Les terrains à bâtir sont exclus. | Très utile pour la vente d’un bureau, d’un entrepôt ou d’un local professionnel détenu depuis longtemps. |
Article 151 septies | Entreprises à l’IR exerçant depuis au moins cinq ans, avec recettes moyennes sous certains seuils. | Seuils 2026 applicables aux cessions réalisées à compter du 1er janvier 2023 : 250 000 € / 90 000 € / 350 000 €, avec exonération partielle entre les deux bornes supérieures. | Peut exonérer tout ou partie de la plus-value, y compris si la cession s’inscrit dans l’activité professionnelle globale. |
Article 151 septies A | Cession d’une entreprise individuelle ou de l’intégralité des droits ou parts d’une société de personnes, lors du départ à la retraite. (impots.gouv.fr) | Activité exercée depuis au moins cinq ans, cessation de fonctions, départ à la retraite dans le délai légal, et absence de contrôle du repreneur. | Ne couvre pas, à elle seule, la plus-value sur l’immeuble : pour le mur ou le bureau, il faut regarder le régime immobilier spécifique ou l’article 151 septies. (bofip.impots.gouv.fr) |
Article 238 quindecies | Transmission d’une entreprise individuelle, d’une branche complète d’activité ou de droits ou parts assimilés. (bofip.impots.gouv.fr) | Exonération totale sous 500 000 €, partielle entre 500 000 € et 1 000 000 €, mais les biens immobiliers et les sociétés à prépondérance immobilière sont exclus. | Peut alléger la cession de l’activité, mais pas le gain immobilier lui-même lorsqu’il porte sur des murs ou des bureaux. |
Quand plusieurs dispositifs peuvent théoriquement s’appliquer, la doctrine recommande en général de les mobiliser dans l’ordre suivant : d’abord 151 septies B, puis 151 septies A, puis 151 septies. Le BOFiP précise aussi que 151 septies B peut se cumuler avec 151 septies A et 238 quindecies. (bofip.impots.gouv.fr)
En pratique, cela veut dire qu’une vente de bureaux détenus depuis longtemps peut être fortement neutralisée, alors qu’une cession récente ou une structure purement patrimoniale peut rester taxée en totalité. La prépondérance immobilière ne suffit donc pas, à elle seule, à créer une exonération automatique.
Si votre projet concerne des bureaux, un guide de vente de bureaux à Marseille peut aussi vous aider à préparer la mise en marché et les documents utiles avant la signature.
Cas pratiques à connaître avant de vendre
Exemple simplifié de calcul
Imaginons un bureau inscrit à l’actif pour un coût fiscal de 380 000 € après prise en compte des frais d’acquisition et des travaux directement incorporés à l’actif, puis revendu 560 000 € nets de frais de vente. La plus-value brute est de 180 000 €. Si 70 000 € correspondent à des amortissements déduits, cette fraction relève en principe du court terme, tandis que les 110 000 € restants peuvent relever du long terme si le bien est détenu depuis plus de deux ans. L’abattement 151 septies B peut ensuite réduire la part long terme si la détention dépasse cinq ans.
Que se passe-t-il si l’immeuble est mixte ?
Si les locaux servent à la fois à l’exploitation et à un usage personnel, il faut ventiler la plus-value. La quote-part privée ne peut pas bénéficier du même traitement que la quote-part professionnelle, sauf tolérance limitée lorsque la partie non affectée à l’exploitation reste marginale et n’est pas juridiquement distincte.
Pourquoi la structure de détention change tout
Une société soumise à l’IS, une société de personnes transparente, une SCI patrimoniale ou une entreprise individuelle ne sont pas traitées de la même façon. Avant de signer, il faut donc vérifier le régime fiscal du vendeur, la nature du bien, son inscription à l’actif et la date d’affectation à l’exploitation. C’est aussi ce qui explique l’intérêt d’une préparation en amont avec un professionnel du marché local, notamment via les tendances du marché immobilier professionnel à Marseille.
FAQ sur la plus-value professionnelle des murs et bureaux
Comment calculer la plus-value professionnelle lors de la vente de murs ou de bureaux affectés à l’activité ?
On part du prix de cession net, c’est-à-dire le prix de vente diminué des frais spéciaux directement liés à la cession, puis on retranche le prix de revient fiscal du bien. Ce prix de revient tient compte du prix d’achat, des coûts directement engagés pour la mise en état d’utilisation, des frais d’acquisition éventuellement capitalisés et, pour les biens amortissables, des amortissements déjà déduits. La plus-value peut ensuite se répartir entre court terme et long terme selon la nature du bien et sa durée de détention.
Quelles exonérations s’appliquent aux plus-values professionnelles sur la cession d’un immeuble lié à l’exploitation ?
Les principaux régimes sont l’article 151 septies B pour la détention longue des immeubles d’exploitation, l’article 151 septies lorsque les recettes restent sous les seuils, et, dans certains cas, les régimes de fin d’activité comme 151 septies A ou 238 quindecies. Attention toutefois : 151 septies A vise surtout la cession de l’activité lors du départ à la retraite, et 238 quindecies exclut les biens immobiliers et les sociétés à prépondérance immobilière. Pour l’immeuble lui-même, l’article 151 septies B reste souvent le texte clé.
Quel abattement pour durée de détention s’applique aux plus-values professionnelles sur la vente d’immeubles utilisés dans l’activité ?
L’abattement prévu par l’article 151 septies B est de 10 % par année de détention au-delà de la cinquième année. Il ne vise que la part à long terme de la plus-value immobilière professionnelle. En conséquence, l’exonération totale est acquise après 15 années de détention révolues, à condition que le bien soit bien affecté à l’exploitation et que les autres conditions du régime soient réunies. Les terrains à bâtir en sont exclus.
Quels frais et charges peuvent être déduits du prix d’acquisition pour le calcul de la plus-value professionnelle sur une cession d’immeuble professionnel ?
On peut majorer le prix d’achat de certains frais d’acquisition, comme les droits de mutation, les honoraires de notaire, les commissions ou les frais d’acte, si l’option de capitalisation a été retenue. S’y ajoutent les coûts directement engagés pour mettre le bien en état d’utilisation, par exemple les taxes non récupérables, les frais de démolition, de transport, d’installation ou les honoraires d’architecte. En revanche, les dépenses qui ne sont pas directement liées à la mise en place ou à l’usage du bien ne majorent pas le prix de revient.
La cession de murs commerciaux par une société ayant une activité prépondérante immobilière est-elle entièrement exonérée de plus-value professionnelle ?
Non, pas automatiquement. La prépondérance immobilière ne suffit pas à elle seule à déclencher une exonération. Il faut d’abord vérifier si le bien est réellement affecté à l’exploitation, si le vendeur relève d’un régime ouvrant droit aux dispositifs professionnels et si la société n’est pas soumise à l’IS, puisque plusieurs exonérations sont alors exclues. Selon les cas, l’immeuble peut bénéficier de 151 septies B, mais le gain peut aussi rester imposable en droit commun.
Et maintenant ?
Si vous préparez la vente de vos murs ou de vos bureaux, commencez par sécuriser la valeur, le régime fiscal et la chronologie de détention. Pour avancer sereinement, vous pouvez vous appuyer sur ces conseils indispensables pour réussir la vente de vos locaux professionnels, puis prendre comme point d’appui la page d’accueil de BLC IMMOBILIER afin d’orienter votre projet de cession.
Si votre bien est un local commercial plutôt qu’un bureau, le guide dédié à la vente de local commercial à Marseille peut également vous aider à structurer la mise en vente et à préparer les étapes clés de la cession. Pour aller plus loin, consultez BLC IMMOBILIER.



