DPE tertiaire et décret tertiaire : impacts sur la valeur et la location de vos locaux professionnels (bureaux, commerces, entrepôts)
- 11 févr.
- 10 min de lecture

Le DPE tertiaire et le décret tertiaire changent la donne pour la vente et la location de vos locaux professionnels. En pratique, ils influencent la désirabilité du bien, la vitesse de commercialisation, le niveau de loyer négociable, et parfois la valeur vénale via l’anticipation des travaux (CAPEX) et des obligations de suivi énergétique.
Chez BLC IMMOBILIER, spécialiste de l’immobilier d’entreprise à Marseille, l’objectif est de vous aider à traduire ces contraintes énergie-climat en stratégie immobilière claire : positionnement locatif, valorisation, sécurisation des dossiers, et arbitrage entre travaux et prix. Découvrez nos services et nos biens sur le site de BLC IMMOBILIER.
À retenir : le DPE tertiaire est un diagnostic “transactionnel” (information lors d’une vente/location), tandis que le décret tertiaire (Éco Énergie Tertiaire) est une obligation “d’exploitation” (réduction progressive des consommations + déclaration annuelle sur OPERAT). Les deux se recoupent dans leur impact : la performance énergétique devient un critère de valeur et de négociation.
1) DPE tertiaire : de quoi parle-t-on (et quand est-il obligatoire) ?
Le DPE tertiaire, un document clé pour vendre ou louer un local professionnel
Le Diagnostic de performance énergétique (DPE) renseigne sur la performance énergétique et climatique d’un bâtiment (ou d’une partie de bâtiment) à travers :
une étiquette énergie (consommation) et une étiquette climat (émissions de GES), de A à G ;
des informations utiles au candidat acquéreur/locataire (charges prévisionnelles, lecture de la performance, etc.).
Le DPE fait partie du dossier de diagnostic technique (DDT) communiqué dans le cadre d’une vente ou d’une location. Le Ministère de la Transition écologique rappelle que le DPE doit être tenu à disposition dès la mise en vente ou en location du logement ou du bâtiment (voir la page officielle Diagnostic de performance énergétique (DPE)).
Affichage du DPE dans certains ERP : un cas fréquent en commerce
Si vos locaux accueillent du public (magasin, agence bancaire, établissement de santé, etc.), il peut exister des obligations d’affichage du DPE selon la catégorie d’ERP et la surface. Une page officielle dédiée détaille ces cas : DPE obligatoire pour un établissement recevant du public (ERP) ?
Fiabilité, contrôles et lutte contre la fraude : pourquoi cela compte en négociation
Le DPE est devenu un sujet de confiance sur le marché. L’administration a annoncé de nouvelles mesures de sécurisation (certification renforcée, QR code, contrôles, etc.) avec une entrée en vigueur à partir du 1er octobre 2025 (source : Service-Public.fr — mesures pour sécuriser le DPE). En transaction, un DPE contesté ou jugé “fragile” peut :
ralentir la décision du locataire ou de l’acquéreur ;
créer un levier de renégociation ;
inciter à demander des compléments (factures, audits, descriptif technique, etc.).
2) Décret tertiaire (Éco Énergie Tertiaire) : obligations, seuils, reporting et sanctions
Champ d’application : le seuil des 1 000 m² et les acteurs concernés
Le décret n° 2019-771 du 23 juillet 2019 (souvent appelé “décret tertiaire”) précise que sont assujettis les propriétaires et, le cas échéant, les preneurs à bail de bâtiments (ou parties/ensembles de bâtiments) hébergeant des activités tertiaires sur une surface de plancher ≥ 1 000 m² (référence : Légifrance — Décret n° 2019-771).
Il s’applique notamment à de nombreux cas concrets :
un immeuble de bureaux de 1 200 m² ;
un commerce de 1 000 m² dans un bâtiment mixte ;
un site multi-bâtiments (bureaux + stockage + showroom) dont le cumul tertiaire dépasse 1 000 m².
Objectifs 2030 / 2040 / 2050 : -40% / -50% / -60% (référence 2010)
Le dispositif Éco Énergie Tertiaire (EET) impose une trajectoire de réduction des consommations d’énergie finale d’au moins :
-40% en 2030,
-50% en 2040,
-60% en 2050,
par rapport à 2010, selon le texte et la présentation officielle du ministère (voir : Éco Énergie Tertiaire (EET) et Décret n° 2019-771).
OPERAT (ADEME) : l’obligation de déclarer chaque année
Le décret tertiaire n’est pas seulement une obligation de travaux : c’est aussi une obligation de suivi et de déclaration. Les consommations annuelles d’énergie doivent être transmises sur la plateforme OPERAT (opérée par l’ADEME). Une page officielle explique la démarche : Déclaration et suivi des consommations d’énergie — Plateforme OPERAT.
Pour accéder à la plateforme : operat.ademe.fr (lien relayé notamment par des services de l’État : exemple de page préfectorale).
Ce qui a évolué récemment : attestation sur OPERAT et phase transitoire jusqu’au 1er juillet 2026
Un arrêté du 1er août 2025 a notamment acté que le modèle d’attestation est désormais sur la plateforme OPERAT et prévoit une mesure transitoire : jusqu’au 1er juillet 2026, l’évaluation du respect “sur la base de l’attestation numérique” et l’affichage associé sont facultatifs (source : Légifrance — Arrêté du 1er août 2025, article 2).
Sanctions : mise en demeure, “name and shame” et amendes
Le décret prévoit un mécanisme de mise en demeure, la publication sur un site internet des services de l’État en cas de manquement, et des amendes administratives pouvant aller jusqu’à 1 500 € (personnes physiques) et 7 500 € (personnes morales) dans certains cas (référence textuelle : Décret n° 2019-771 — dispositions relatives aux sanctions et à la publication).
3) DPE tertiaire vs décret tertiaire : quelles différences (et pourquoi ça impacte vos loyers) ?
Les deux dispositifs parlent d’énergie, mais ils ne répondent pas à la même logique :
le DPE est un instantané (à un moment donné), utile pour informer et comparer ;
le décret tertiaire est une trajectoire (dans la durée), pilotée par des consommations déclarées et des objectifs à atteindre.
Tableau comparatif : DPE tertiaire et décret tertiaire
Point comparé | DPE tertiaire | Décret tertiaire (Éco Énergie Tertiaire) |
|---|---|---|
Finalité | Informer lors d’une vente/location (DDT, annonces, visites) | Réduire réellement les consommations d’énergie finale et suivre la trajectoire |
Quand ? | Au moment d’une transaction (et dans certains cas d’affichage ERP) | Dans la durée : objectifs 2030/2040/2050 + déclaration annuelle |
Qui ? | Propriétaire (initiative et paiement), via un diagnostiqueur | Propriétaire et/ou preneur à bail selon les responsabilités (déclaration et actions) |
Périmètre | Le lot / local / bâtiment concerné par la vente ou la location | Bâtiments tertiaires existants ≥ 1 000 m² (bâtiment, partie, ensemble sur site) |
Preuves / documents | DPE (étiquette A–G) | Déclarations et attestation OPERAT (trajectoire, suivi, objectifs) |
Impact marché | Lisibilité des charges et du “niveau énergie” du bien | Risque d’obsolescence / CAPEX, clauses de bail, attractivité locative long terme |
4) Impacts sur la valeur et la location : “valeur verte”, décote brune et vacance
Pourquoi la performance énergétique devient un critère de valeur (même hors logement)
Sur le marché tertiaire, la performance énergétique agit comme un signal : maîtrise des charges, confort, trajectoire réglementaire, capacité à répondre aux politiques RSE/ESG des entreprises. L’ADEME rappelle que le parc tertiaire est un enjeu majeur : un communiqué de 2024 indique que le tertiaire représente 17% de la consommation d’énergie finale en France, et mentionne un ordre de grandeur national de 249 TWh (source : ADEME — communiqué du 24 septembre 2024).
Chiffres utiles pour se situer : consommations réelles observées sur les bureaux
Pour donner un repère (à manier avec prudence car chaque actif est unique), l’OID indiquait dans son baromètre 2021 (publié en janvier 2022) une consommation énergétique réelle en énergie finale des bureaux de l’ordre de 160 kWh/m².an sur sa base de données (source : OID — Baromètre performance énergétique (publication 2022)).
Effet sur les loyers : un indicateur de “prime” sur les immeubles mieux notés / certifiés
Au-delà du DPE, les certifications environnementales (HQE, BREEAM, LEED…) sont souvent utilisées comme preuve de qualité. Une étude CBRE (édition 2023) met en avant qu’en tenant compte d’effets de taille, d’emplacement, d’âge et d’historique de rénovation, les immeubles certifiés afficheraient un surplus de valeur locative de 6% (source : CBRE — communiqué “surplus de valeur locative de 6%”, 7 mars 2023). Ce n’est pas une “règle automatique”, mais un signal de marché : à qualité égale, l’énergie pèse de plus en plus.
Le mécanisme de décote : quand l’acquéreur anticipe les travaux et le risque réglementaire
En valorisation tertiaire, la décote apparaît généralement quand le marché anticipe :
des travaux nécessaires pour tenir la trajectoire du décret tertiaire (isolation, CVC, GTB/BACS, éclairage, régulation, etc.) ;
un risque de vacance plus élevé (difficulté à séduire des locataires exigeants sur les charges) ;
une pression sur le loyer (négociation “charges + CAPEX”).
Sans inventer de chiffres, la logique de calcul est souvent la suivante : valeur “comme si” (bien aligné marché) moins budget de travaux + aléas + coût de portage (vacance) + éventuelle baisse de loyer sur la période de remise à niveau.
Location : ce que les locataires demandent de plus en plus
En location de bureaux, commerces ou activités, on voit fréquemment monter :
la demande d’éléments concrets : DPE, descriptif technique, consommations historiques, plan d’actions ;
des clauses de partage de données (utile pour OPERAT) ;
des discussions sur la répartition des investissements (bailleur vs preneur).
5) Baux et énergie : clauses utiles (et “bail vert” au-delà de 2 000 m²)
L’annexe environnementale (bail “vert”) : obligation au-delà de 2 000 m² en bureaux et commerces
Indépendamment du décret tertiaire, le Code de l’environnement prévoit que les baux conclus ou renouvelés portant sur des locaux de plus de 2 000 m² à usage de bureaux ou de commerces comportent une annexe environnementale (source : Légifrance — Code de l’environnement, article L125-9). Cette annexe facilite notamment la communication des informations de consommations et peut encadrer des engagements de réduction.
Pourquoi c’est déterminant pour OPERAT
Le décret tertiaire implique de collecter des consommations et de les déclarer. Dans la vraie vie, une partie des consommations est parfois “côté locataire” (ex. électricité usage spécifique) et une autre “côté bailleur” (ex. chauffage collectif, parties communes). Les baux (et leur annexe environnementale quand elle s’applique) deviennent donc un outil très concret pour éviter les blocages opérationnels.
6) Décret BACS (GTB) : un levier technique qui pèse aussi sur la valeur
Pour atteindre les objectifs du décret tertiaire, la gestion technique du bâtiment est souvent un “quick win” : pilotage, programmation, remontées de données, détection des dérives.
Le décret n° 2023-259 du 7 avril 2023 prévoit l’équipement en systèmes d’automatisation et de contrôle (BACS/GTB) selon des échéances, notamment au 1er janvier 2025 pour certains systèmes > 290 kW et au plus tard au 1er janvier 2027 pour les bâtiments équipés de systèmes > 70 kW (source : Légifrance — Décret n° 2023-259).
En transaction, cela peut compter car un acquéreur/locataire professionnel intègre souvent la question : “Le bâtiment est-il techniquement prêt à être piloté et à produire des données fiables ?”
7) Méthode opérationnelle : comment sécuriser la vente ou la location de vos locaux
Checklist “sans remplissage” avant mise sur le marché
Mettre à jour le DPE (et vérifier sa cohérence avec l’usage réel, les surfaces, les systèmes).
Rassembler les consommations (au moins 2–3 ans si possible) : factures, sous-comptage, contrats énergie, relevés.
Clarifier le périmètre : bâtiment entier vs partie, surfaces tertiaires cumulées, unité foncière (utile pour le décret tertiaire).
Organiser la “preuve” décret tertiaire : déclarations OPERAT, attestation annuelle, année de référence, trajectoire et actions déjà lancées.
Préparer l’argumentaire travaux : ce qui est fait, ce qui est budgété, ce qui est à la main du locataire.
Adapter le bail : clauses de partage des données, accès aux locaux pour travaux, annexe environnementale si > 2 000 m² (bureaux/commerces).
Tableau récapitulatif des obligations énergie-climat à connaître en 2026
Dispositif | Biens concernés (simplifié) | Obligation principale | Source officielle (repère) |
|---|---|---|---|
DPE (tertiaire) | Vente / location d’un bâtiment ou local | Fournir un DPE dans le DDT ; informer dès l’annonce/visite | |
Décret tertiaire (EET) | Tertiaire existant ≥ 1 000 m² | Objectifs 2030/2040/2050 + déclaration annuelle sur OPERAT | |
OPERAT (ADEME) | Assujettis au décret tertiaire | Déclarer et suivre les consommations ; générer l’attestation | |
Annexe environnementale (“bail vert”) | Baux bureaux/commerces > 2 000 m² | Annexe obligatoire + échanges d’infos de consommations | |
Décret BACS / GTB | Bâtiments tertiaires selon puissance des systèmes | Automatisation & contrôle (échéances selon kW) |
FAQ — DPE tertiaire, décret tertiaire et accompagnement avec BLC IMMOBILIER
Comment BLC IMMOBILIER peut-il estimer la valeur d’un bureau soumis au décret tertiaire à Marseille ?
BLC IMMOBILIER peut intégrer l’enjeu énergie-climat dans une estimation en analysant, au-delà des critères classiques (emplacement, état, divisibilité, stationnement), les éléments “marché” liés à la performance : DPE, historique de charges, existence (ou non) d’un suivi OPERAT, et perception locative (facilité à relouer). L’idée n’est pas de “juger” la conformité, mais d’anticiper l’effet sur la vacance, le loyer et le budget de remise à niveau. Pour lancer une démarche, vous pouvez passer par l’estimation de biens professionnels.
Quels documents fournir pour mettre en location un local commercial avec un DPE tertiaire ?
Pour une mise en location fluide, préparez : le DPE à jour, les surfaces (plans si possible), le bail type et ses annexes, les charges détaillées (taxe foncière, entretien, énergie, etc.), et tout document expliquant les équipements (chauffage/clim/ventilation, éclairage). Si le local entre dans le décret tertiaire (≥ 1 000 m² tertiaire sur site), ajoutez les éléments de suivi (déclarations, attestation OPERAT si disponible). Pour diffuser ou chercher des biens comparables, consultez la page Commerces à louer ou à vendre.
Décret tertiaire : locataire ou bailleur, qui doit déclarer sur OPERAT ?
Le texte vise les propriétaires et, le cas échéant, les preneurs à bail : la déclaration annuelle peut être réalisée par l’un ou l’autre selon l’organisation retenue et les responsabilités prévues au bail, avec une logique de coopération (partage de données de consommations). Dans les faits, le point critique est la disponibilité d’informations fiables (comptage, factures, périmètres). Une rédaction claire des clauses “énergie” et un circuit de collecte évitent les oublis et les tensions en cours de bail, surtout sur les sites multi-occupants.
Faut-il un DPE pour louer un entrepôt ou un local d’activité ?
En location professionnelle, le DPE est un élément fréquent du DDT dès lors que le bien entre dans le champ des obligations de diagnostic. La situation peut varier selon la nature exacte du bâtiment (chauffage, usage, configuration) et la réglementation applicable au cas par cas. Sur le plan commercial, fournir un DPE et des consommations est souvent un avantage : cela sécurise la compréhension des charges et accélère la prise de décision, notamment pour les utilisateurs sensibles aux coûts d’exploitation. Pour voir des biens et tendances, consultez Entrepôts et activités à louer ou vendre.
Comment éviter une décote si mon DPE tertiaire est mauvais ?
La décote vient rarement du DPE “seul”, mais de ce qu’il suggère : charges élevées, confort limité, travaux à prévoir et risque de vacance. Pour la réduire, la stratégie la plus efficace consiste à documenter : consommations réelles (et actions déjà menées), plan d’amélioration chiffré (même phasé), et clauses de bail permettant le pilotage et la collecte de données. En location, un discours clair “travaux + calendrier + partage” peut rassurer. En vente, montrer la trajectoire (décret tertiaire/OPERAT si concerné) peut limiter les négociations opportunistes.
Et maintenant ?
Vous souhaitez vendre, louer ou repositionner des bureaux, un commerce ou un entrepôt à Marseille avec une lecture claire des impacts DPE / décret tertiaire ? Consultez nos offres de bureaux à louer ou à vendre, découvrez nos expertises sur nos métiers et nos analyses sur le blog BLC IMMOBILIER. Pour un échange sur votre actif (mise en location, vente, estimation, stratégie), contactez-nous via le formulaire BLC IMMOBILIER.



